Archives mensuelles : mars 2016

Houdini and Doyle

Quand on ne peux pas faire les aventure de Sherlock Holmes et Watson, on fait celles de son créateur, Sur Arthur Conan Doyle et de son sidekick rigolo, le magicien Houdini.

Dans un couvent, soeur Fabian a été retrouvée morte, tuée par un fantôme selon les dires de celle qui l’a découverte. Conan Doyle est un fervent défenseur du paranormal. Il veut profiter de ce meurtre pour prouver que le monde de l’au-delà existe bien. Le magicien Houdini lui préfère démontrer que tout cela n’est que supercherie et compte bien découvrir le truc derrière ces apparitions fantomatiques. Ensemble, ils vont prêter main forte à l’enquêtrice de Scotland Yard Adelaide Stratton.

Bon, avant de râler, je vais resituer les faits. Oui, Houdini et Doyle étaient bien amis. Oui, Conan Doyle croyait au paranormal, consultait régulièrement des voyantes, et Houdini était septique et avait même lancé un concours à tous les voyants, promettant un prix à celui dont il n’arriverai pas à démontrer les trucs. Mais de là à en faire des Mulder et Scully!… C’est du grand n’importe quoi… Ça parasite complètement l’histoire. Ça aurait très bien pu fonctionner avec des personnages inventés, car l’histoire se tiens (même si l’explication final et ridicule et invraisemblable), la réalisation est soignée et les personnages, bien que très imbus d’eux même, finissent par devenir attachants. On a droit à du fan service avec nos deux héros prisonniers d’une trappe qui se remplie d’eau histoire de justifier la présence de Houdini dans cette enquête paranormale. Un X Files en 1920, pourquoi pas, mais pas avec ces deux personnages là.

Flaked

Will Arnett se voit offrir un « vanity project » par Netflix.

« Il y a dix ans, je me suis installé à Venice par accident. Ou plutôt, à cause d’un accident ». Le discours de Chip aux alcooliques anonymes est plutôt bien rodé. Après que sa vie aie été foutue en l’air après qu’il ai percuté un enfant, il a trouvé le réconfort auprès de la communauté de Venice. Il est désormais une figure locale, copain avec un peu tout le monde, se baladant à vélo et semblant ne pas vraiment avoir à travailler (à fabriquer des tabourets) pour vivre. Il est heureux dans son non couple avec une belle brune rencontrée aux AA. Mais l’arrivée de la belle London en ville va venir perturber un peu tout cela.

Rien de bien innovant ici. On a droit au beau héros et son copain un peu moins beau mais rigolo, un triangle amoureux qui se dessine avec la belle blonde et la belle brune, un fond un tant soi plus sérieux (ici l’alcoolisme) et de jolis décors. Les dialogues sont sympathiques sans être franchement drôle, la réalisation est plutôt banale sans être mauvaise, le jeu des acteurs plutôt quelconque… Tout tourne autour de Will Arnett sans qu’il n’offre une performance particulièrement remarquable. Pas de grande prouesses ici ni de grande originalité. Ça se laisse regarder mais on peut très bien s’en passer.

Netflix presents: The characters

Prenez huit humoristes, laissez les faire ce qu’ils veulent, et vous obtenez « Netflix presents: The characters »

Pas vraiment de résumé possible puisque chaque humoriste va scénariser un épisode indépendamment des autres et que l’on va donc se retrouver avec huit histoires différentes. Elles vont être scénarisées, réalisées et interprétées par Lauren Lapkus (Orange is the New Black, Brooklin Nine nine), Kate Berlant, Dr Brown, Paul W. Downs (Broad City), John Early (Wet Hot American Summer: First Day of Camp), Tim Robinson (Saturday Night Live), Natasha Rothwell (Saturday night live), et Henry Zebrowski (Your pretty face is going to hell). Le tout est forcément inégal. Tout dépend de si l’on accroche ou non au style d’humour de chacun des performeurs mis en avant. Pour le moment je n’ai vu que les deux premiers épisodes et autant j’ai bien ri devant l’épisode écrit par Lauren Lapkus, autant celui de John Early m’a profondément ennuyé. Une des constance semble être que chacun va interpréter plusieurs personnages au sein de leurs épisodes (6 pour Lauren Lapkus et 3 pour John Early).

Donc, Netflix met en avant des acteurs et humoristes maison (chacun a ou va avoir sa série sur la plateforme). Il y a du bon et du mauvais, à vous de faire le tris.

The aliens

Et si les aliens étaient parmi nous, depuis des années, infiltrés dans notre société? Et si on avait découvert leurs existence?

Les aliens sont effectivement parmi nous, et ce depuis 40 ans. Ils nous ressemblent et se comportent comme nous, mais ne sont pas autorisés à vivre avec nous, forcé de vivre parqués dans un ghetto appelé « Troy ». Lewis y est gardien et va découvrir que son père était alien, ce qui fait de lui un hybride. Un groupe d’extra-terrestres terroristes va finir par le découvrir, au terme d’un kidnapping, et va se servir de cette information contre lui.

La série est plutôt plaisante, avec quelques bonnes idées, comme le fait que les aliens vendent leurs poils et cheveux aux humains car ils contiennent des substances hallucinogènes. Les ambiances, que ce soit dans notre monde ou dans Troy sont plutôt bonnes. Après le rythme est tel que l’on s’y perd un peu par moments au risque de perdre le fil, mais dans l’ensemble, c’est une série qui semble prometteuse.

Underground

On va tenter de rattraper un peu mon retard en critiques aujourd’hui, et on va commencer par une série sur l’esclavage avec « Underground » sur WGN.

Nous sommes en 1857 en Géorgie, chez un gros producteur de coton. De nombreux esclaves y sont exploités, que ce soit dans les champs ou comme domestiques à la maison. Un réseau sous-terrain est en train de se mettre en place pour tenter de les faire s’échapper à 1000km de là, au nord.

Notre pilote s’ouvre sur une scène prenante de chasse à l’homme dans la forêt sur fond de … Kanye West. La respiration de l’esclave pourchassé et le rythme de la musique se mélangent à merveille et limite, rien que pour ça, il faut regarder cet épisode. Passé cela, on va suivre plusieurs groupe de personnes, les propriétaires terriens, la famille Macon, qui vivent dans l’opulence, les esclaves, Noah en tête, qui tentent de retrouver leurs liberté, les chasseurs, employés par les Macon qui vont à la fois faire régner la terreur au sein des esclaves à coup de fouets et partir à leurs recherche lorsqu’ils tentent de s’échapper, et John Hawkes, cousin du propriétaire, avocat en faveur de l’abolition de l’esclavage. On alterne les instants de discussions et débats politiques et légaux qui permettent de nous replacer dans les courants de pensée divergentes de l’époque avec la mise en place du plan pour l’évasion, présentée à la manière d’un cambriolage. La réalisation est soignée et le récit fluide met efficacement en place les personnages. Ça semble prometteur.

Of kings and prophets

Vous en avez assez des personnages démoniaques comme « Lucifer » et « Damien », ABC est là pour vous avec l’adaptation du livre de Samuel de l’ancien testament « Of kings and prophets ».

Saül est le roi d’Israël, ses décisions sont fortement influencées par le prophète Samuel qui parle au nom de Dieu. Dans le village voisin, les moutons sont décimés par un lion et les bergers peineront à pouvoir payer les taxes. David se propose d’aller tuer le lion pour effacer les dettes des villageois.

La série devait commencer à l’automne dernier et a été maintes fois repoussée pour « changements créatifs », ce qui n’est jamais bon signe. Toute la communication a été faite autour de « on a pas besoin de George R.R. Martin pour faire du Games of throne » et ce n’est pas bon signe également. Et on est pas déçus, c’est mauvais. La série arrive à être à la fois trop simpliste avec l’histoire de David et du lion (en attendant Goliath) et trop compliquée avec celle de Saül qui fait que l’on se désintéresse totalement de ses péripéties. C’est mal joué, mal écrit, pompeux, on voit que les acteurs portent des perruques. A trop remanier un script, on obtiens jamais rien de bon…

Slasher

Après « Scream » sur MTV l’été dernier, après « Scream queens » sur la Fox à la rentrée dernière, les slashers movie en version série sont de nouveau à l’honneur avec … ben … « Slasher » sur Chiller.

Halloween 1988, la famille Bennet est décimée par un tueur masqué. Seul le nouveau né, extirpé du ventre de sa mère enceinte, survit au massacre. Maintenant devenue adulte, Sarah Bennet décide de revenir habiter dans la maison familiale, lieu du massacre, mais sa venue entraîne l’apparition d’un tueur qui va copier le meurtrier de ses parents.

Bon, appeler une série « Slasher » est assez prétentieux et casse gueule. Le genre est très codifié et si on ne respecte pas la trame d’un slasher, on sort très rapidement du genre. Pour rappel, un slasher c’est Halloween, Massacre à la tronçonneuse, Freddy, Vendredi 13, Scream, Souviens toi l’été dernier etc. Nous avons un tueur masqué, qui a vécu un traumatisme, qui va perpétrer un meurtre. Des années plus tard, une bande de jeunes va faire les cons, ça va réveiller les instincts du tueur (ou d’un imitateur) qui va commencer à les décimer les uns après les autres. Le héros ou l’héroïne, principale cible, va lui échapper à maintes reprises pendant que ses amis vont tomber comme des mouches. Elle (ou il) va finir par l’affronter et le tuer (au moins 2 fois), mais n’échappera jamais réellement à la malédiction du tueur.

Maintenant que les bases sont posées, est-ce que « Slasher » correspond bien au genre. Pour le point de départ oui. Ancien meurtre, tueur costumé, imitateur, rescapée qui revient sur les lieux. Mais à partir du moment où Sarah Bennet revient effectivement et que ça réveille un imitateur, ben on sort du genre. Pas de jeunesse dépravée, pas d’arme fétiche récurrente, pour les meurtre on passe du soft passage à tabac à la batte en cachant bien les coups au gore démembrement au couteau et j’en passe. C’est trop hésitant, ça manque de personnalité et de cohérence, bref, c’est raté.

Damien

Vous pensiez que tout avait déjà été fait sur l’antéchrist? Et bien… vous avez peut être pas tord…

Vous vous souvenez de Damien Thorn? Enfin si, l’antéchrist!… Le fils de Satan! Dans la trilogie de film des années 70 « The Omen » (La malédiction en français). Et bien Damien est de retour et il a bien grandi. Il est aujourd’hui photographe de guerre et a tout oublié de son passé démoniaque. C’est maintenant un homme bien, altruiste, impliqué, mettant son art au service de noble causes comme par exemple la guerre en Syrie. Seulement, alors qu’il est témoin de violences militaires, une vieille va réveiller les souvenirs de son noir passé.

« Damien » échoue là où « Ash VS Evil Dead » réussit, en reprenant à la lettre les codes des films. « The Omen » est fortement daté années 70 et fait partie de l’univers des amateurs d’horreur. Comme il s’inspirait déjà énormément de la culture populaire et religieuse et qu’il a lui même inspiré par la suite pas mal de films, son contenu peut paraître pour un spectateur actuel assez cliché. Et ce sont justement tous ces clichés que notre pilote va juxtaposer. Ça marchait avec « Evil Dead » parce que le contenu n’est pas forcément sérieux et que dans la série, ils ont su rester dans l’humour. Ici ça ne fonctionne pas parce que justement ils auraient dû se détacher des films et évoluer. Beaucoup de déjà-vu qui ne donnent pas envie de continuer.

Murder

Parfois on tente quelque chose de nouveau au niveau de la réalisation. Des fois ça marche, des fois non.

Un corps a été repêché dans la rivière, les différents intervenants (enquêteurs, témoins, suspects, proches …) vont intervenir les uns après les autres au fur et à mesure de l’avancée des investigations.

« Murder » se distingue des autres séries policières par sa réalisation. Elle emprunte beaucoup au docu-fiction avec cette succession de personnes qui viennent s’exprimer face caméra pour témoigner, jours après jours, avec juste quelques images et plans illustratifs qui viennent compléter leurs propos. Du coup, on a plus l’impression de se trouver face à une succession de gens qui lisent leurs prompteurs. Du fait qu’il n’y ait aucune interaction entre les différents intervenants, on a aucune immersion dans l’histoire. Les plans sont assez maniérés  et redondants. Au final, on se fait chier. je n’ai même pas réussi à aller au bout du pilote.