Archives mensuelles : août 2016

Victoria

ITV nous propose pour finir le mois un biopic en 8 parties sur la vie de la reine Victoria.

1837, la monarchie est en crise. Après la mort sans héritiers légitimes des trois frères aînés de son père, Alexandrina Victoria monte sur le trône à l’âge de 18 ans et prend le nom de Queen Victoria. La série nous propose, dans le premier épisode, de retracer sa vie, de la mort de Guillaume IV à son couronnement le 28 juin 1838 et le premier scandale qui éclaboussa son règne, la mort de Lady Flora Hastings en 1939. La série devrait se conclure avec son mariage avec le Prince Albert le 10 février 1840.

Si les décors et l’ambiance de la cour sont plutôt bien rendus, la série est remplie de raccourcis et d’inexactitudes historiques, certainement pour rendre son histoire plus attrayante et dynamique. Ainsi, on nous raconte que le Duc de Cumberland et la Duchesse de Kent, respectivement son oncle et sa mère, complotent pour s’emparer du pouvoir, on fait flirter la reine Victoria avec le premier ministre Lord Melbourne, on fait coïncider la mort de Lady Flora avec son couronnement et j’en passe… et tout cela est bien évidement faux. Vous pouvez donc regarder cette série pour l’ambiance « Victorienne » ou le plaisir de retrouver Jenna Coleman, mais oubliez ce que vous avez vu si vous voulez en savoir plus sur la reine Victoria.

One of us

Nouvelle mini-série policière pour finir l’été sur la BBC 1, « One of us ».

Non loin d’une ferme des Highlands, un couple de jeunes mariés se fait assassiner. Le meurtrier, un junkie, finira par revenir sur les lieux du crime. Seulement, il aura un accident avec la voiture qu’il avait volé non loin et sera secouru par les familles des victimes. Ces derniers le reconnaîtront après avoir vu son portrait aux informations et vont décider de l’enfermer dans un chenil en attendant la police. Mais les forces de l’ordre ne seront pas appelées et le meurtrier sera retrouvé mort, la gorge tranchée, au petit matin. Qui, parmi les membres des deux familles endeuillées, est le meurtrier?

Nous avons ici droit à un whodunit plutôt classique avec plusieurs questions en suspend. Outre la question habituelle sur l’identité de la personne qui a tué le meurtrier du jeune couple on va également s’interroger sur les raisons qui ont poussées notre junkie à revenir sur les lieux du crime. Certains personnages nous poussent également au questionnement, comme le beau-père qui, bien que n’étant pas sur les lieux, fait une apparition fugace mais remarquée. Bref, beaucoup de questions dans ce huis clos qui trouveront une réponse au cours des quatre épisodes de la série.

Too close to home

Habituellement, TCL nous sert de la real TV. Pour la première fois, elle nous offre une série avec le soap politique « Too close to home ». Voyons donc ça.

Anna est une jeune politicienne qui sait tirer des ficelles pour progresser dans la jungle de Washington. Sa sœur, Bonnie, elle, vit dans la pauvreté dans l’Alabama et doit tant bien que mal s’occuper de sa famille et payer le loyer. Suite à un accident, Anna va devoir s’exiler auprès de sa famille. Quel accident me demanderiez-vous? Elle a juste fait mourir le président des États Unis dont elle est la maîtresse lors de leurs ébats.

La série n’est pas mauvaise en soi, mais elle est déséquilibrée. On passe trop de temps en Alabama et pas suffisamment à Washington alors que c’est là que se déroule l’action principale. Il faut bien évidement nous présenter l’endroit où Anna va trouver refuge après que la première dame ait décidée de la descendre en flamme, mais on y passe tellement de temps que les affaires à la maison blanche passent pour une intrigue secondaire. On pense beaucoup au visionnage à des séries de Shonda Rhimes comme « Scandal ». Apparemment, par la suite, l’intrigue se situant à Washington continuera à être développée, mais bon, j’ai peur que le même déséquilibre scénaristique persiste.

I love Dick

Dernier pilote proposé par la plateforme Amazon, du drame avec « I love Dick »

Chris est une jeune réalisatrice, dont le long métrage vient d’être recalé à la sélection de la Mostra de Venise, qui va accepter de suivre Sylvère, son époux, à Marfa au Texas, ville où habite une communauté universitaire de renom. Elle va y rencontrer Dick qui, au cours d’un repas, va démolir son travail sur la simple base qu’il était réalisé par une femme. Entre révulsion pour ses propos et attraction pour son charisme, Chris sera séduite par ce nouveau venue et ne pourra s’empêcher de lui écrire une lettre enflammée à travers laquelle commence à poindre sa remise en question.

La série est une adaptation du livre éponyme de Chris Kraus publié en 1997. Les auteurs jouent avec les différentes signification du mot « Dick », voulant à la vois dire connard et pénis. L’antipathie du personnage interprété par Kevin Beacon sera assez vite montrée et la manière dont, en une phrase, il va retourner tout l’univers et les conviction de Chris également, par le biais d’une mise en scène originale, parfois chaotique avec de nombreux arrêts sur image qui nous montre bien comment notre héroïne se remémore et fantasme ces souvenirs lorsqu’elle se décide à lui écrire une première lettre dont on découvre le contenu en aparté tout au long de l’épisode.

Trois projets proposés par Amazon, trois univers bien différents. Je ne saurai dire vers lequel va ma préférence mais toutefois celui-ci semble être le plus aboutis, notamment grâce au travail de Jill Soloway à qui on devait déjà « Transparent » sur Amazon prime video. Laquelle de nos trois séries sera finalement retenue? Réponse dans quelques mois sur la plateforme.

The Tick

Second pilote proposé par Amazon, une histoire de super héros quelque peu décalée, « The Tick ».

Arthur est obsédé par une chose dans la vie, prouver que « The Terror », le super vilain qui a causé la mort de son père ainsi que celle des Patriotes, est toujours en vie. Ses investigations vont le mener sur les quais où une bande de malfrats s’apprêtent à mettre en sécurité un étrange costume. Seulement, il va se faire surprendre en train d’espionner par The Tick.

The Tick n’est pas un personnage nouveau. Tout d’abord créé dans une newsletter de comics en 1986, il aura par la suite droit à sa propre bande dessinée, puis à une première adaptation, en dessin animé tout d’abord, puis en série live sur la Fox. Notre héros parodique, avec son costume ridicule, son sourire émaille diamant et son manque de jugeote, notre pilote décide de se concentrer sur Arthur, son futur sidekick. Le changement de perspective est intéressant et renouvelle un peu l’exercice du super héros, mais la série hésite pour le moment un peu trop entre sérieux et grosse parodie. Espérons qu’elle saura trouver un équilibre si le projet est retenu.

Jean-Claude Van Johnson

Le vacances estivales se terminent. C’est le moment pour moi de rattraper mon retard en critique avant la déferlante de septembre. On va commencer par les « Amazon pilot season 8 », une série de pilotes proposés par la plateforme mais dont le futur sera déterminé par les votes des abonnés au programme Amazon prime. Trois nouvelles séries proposées ce mois-ci. Commençons par « Jean-Claude Van Johnson ».

Jean-Claude Van Damme a vieillis. Cela fait maintenant deux ans qu’il est à la retraite et il a énormément perdu… physiquement. Seulement, après avoir croisé son ex, le grand amour de sa vie, il va rependre du service pour tenter de la séduire de nouveau, mais pas en tant qu’acteur, car tout cela était en fait une couverture pour son réel métier: agent secret.

Ce pilote est plutôt réjouissant, mais il y a un je ne sais quoi qui me dérange. Van Damme y est plutôt bon. Il reviens après JCVD à une fiction auto-parodique et le voir incapable de faire le grand écart est plutôt réjouissant. Beaucoup de références aux grands films de sa carrière et quelques justifications improbables de mises en scène comme « non, attaquons le un par un, sinon on va se gêner pour combattre » son plutôt bien trouvées. L’histoire d’amour et d’espionnage en trame de fond, quoi que classique, n’est pas inintéressante mais bon… Même si on sent que Van Damme s’y amuse beaucoup, il a effectivement vieillis et ne joue plus aussi bien, en particulier les scènes dramatiques qui sonnent faux, notamment à cause du ton plutôt humoristique de la série. Et ceux qui auront vu JCVD en 2008 garderont une impression de déjà-vu. La vraie bonne idée reste le fait que les nanards dans lesquels il a pu tourner (ici une version kung fu de Huckleberry Finn) étaient en fait une couverture pour ses missions d’espionnage.

Chesapeak Shores

La chaîne Hallmark est connue pour ses téléfilms dont elle inonde les chaînes de télévision depuis 1951 et que l’on retrouve chez nous l’après-midi sur TF1 ou M6. Depuis 3 ans, elle s’essaie à la production de séries. Nouvelle venue cet été, « Chesapeak Shores ».

Abby O’Brien est une working girl new-yorkaise qui a sacrifiée sa vie à son travail. De retour à Chesapeak Shores, son village natal, elle va remettre sa vie en perspective et va envisager, de revenir vivre au village, surtout depuis qu’elle renoue des liens avec le beau Trace Riley.

La série est à l’image des productions de la chaîne. Bien sûr on va avoir une superbe demeure avec des colonnes et tout et tout, bien sûr on va avoir droit à une romance niaise et des tensions familiales, bien sûr notre héroïne va réaliser que le charme de la vie campagnarde l’emporte sur la vie stressante de la grosse pomme, bien sûr c’est remplis de clichés. Mais bon, c’est du Hallmark. Les amateurs aimeront, les autres passeront leurs chemin. On a tout de même plaisir à retrouver Meghan Ory qui interprétait le petit chaperon rouge dans « Once upon a time ».

The get down

Les années disco à Harlem vues par le réalisateur de Moulin Rouge, c’est « The get down » sur Netflix.

Ezekiel est prêt à pour pour séduire Mylène, une de ses amie désireuse de devenir la nouvelle Donna Summer. Pour ce, il va se lancer à la quête d’un remix rare de la diva pour l’offrir à sa bien aimée. Sa recherche du vinyle va l’amener à croiser la route de Shaolin Fantastic, un grapheur qui va l’initier à la scène hip-hop alors naissante dans les quartiers de Harlem.

L’histoire mais pas mal de temps à démarrer, à se mettre en place, mais une fois que c’est parti, on en prend plein les yeux et les oreilles. C’est un peu comme si West Side Story rencontrait Spike Lee sous l’oeil de Baz Lhurman (Moulin Rouge, Romeo + Juliette, Balhroom Dancing…). Dès le premier épisode, tout est là, les concours de danse disco, les premiers DJ et batles de rap mais également le Harlem décrépit des années 70. Notre pilote est plutôt long (1h30), mais à partir du moment où on rentre vraiment dans l’action, on ne voit plus le temps passer. Le projet, mené par Baz Lhurman, aura mis 10 ans à aboutir. Il se fera aider pour bien s’imprégner de l’atmosphère de ces années par Grandmaster Flash, DJ légendaire de ces années auquel il rendra hommage dans l’épisode. Si vous regrettez déjà « Vinyl », annulé après une saison, consolez-vous donc avec « The get down » qui aborde un pan de la culture musicale des années 70 qui avait été timidement abordé dans la série de Scorsese et Mick Jagger.