Archives mensuelles : octobre 2016

Good girls revolt

Mad Men et féminisme, c’est « Good girls revolt » sur Amazon.

New York 1969. A la rédaction du magazine Newsweek, les femmes rencontrent un problème de taille. Elles ne peuvent évoluer au sein du journal et doivent écrire leurs articles sous le nom de plume de l’un de leurs collègue masculin si elles veulent avoir une chance de voir ce dernier publié. Face à cette situation et devant un ras-le-bol général lié à l’évolution des mœurs, elles vont former le premier recours entièrement féminin pour discrimination.

Basé sur le livre éponyme de Lynn Povich, la série se place dans la lignée de Mad Men ou Masters of Sex sans être au niveau. Mais ça ne veux pas dire que c’est mauvais, bien au contraire. Raconter l’émergence du féminisme à la fin des années 60 n’est pas forcément aisé et l’idée de partir sur le cas du magazine Newsweek et donc du journalisme, métier amené à couvrir cette essor féministe mais au sein d’une rédaction qui vie encore comme dans un autre temps est intéressant. Le tout est servi par un casting plutôt solide et une bonne bande son. Si ce n’est certainement pas la série de l’année, elle mérite tout de même le coup d’œil pour le traitement de son sujet.

Pure genius

Dr House chiant, c’est « Pure genius » sur CBS.

Un chirurgien passionné se fait radier pour avoir pris des risques inconsidérés lors d’une opération qui va coûter la vie de sa patiente. Il va se faire recruter par un milliardaire philanthrope qui a créé une clinique où on tente de repousser les limites du possible et où de telles prises de risques sont encouragées.

Très difficile de renouveler le genre médical. Ici on s’embarque dans les experts avec un déploiement de technologies tape à l’œil et de la médecine expérimentale. Résultat, ça aurait pu être bien, mais c’est trop lisse et sans prise de risques au niveau de l’écriture et de la réalisation, ce qui fait que l’on s’y ennuie comme pas possible. Et surtout, l’ensemble n’est pas crédible. Ils balancent des tonnes de termes médicaux, sortent le financement d’opérations high tech de leurs cul et c’est tellement aseptisé que les personnages en deviennent antipathiques au possible. Aussitôt regardé, aussitôt oublié.

The great indoors

Joel McHale (Jeff Winger de Community) reviens au petit écran dans une sitcom… ratée. « The great indoors » sur CBS.

Jack, un baroudeur de l’extrême accepte de devenir chroniqueur pour le magazine outdoors qui abandonne sa version papier pour devenir un journal numérique. Il va se retrouver confronté à une bande de journalistes incompétents, qui confondent Top 10 et reportage et pour qui descendre au pub et croiser des gens dans la vraie vie est une grande aventure.

J’étais tout content de retrouver Joel McHale.. et là, j’ai entendu le premier rire enregistré. Quand je disais précédemment que les sitcoms avaient du mal à se renouveler, on en a ici l’exemple parfait. On a droit à un sous Big Bang theory, le côté science en moins, avec une personne extérieur mais qui connait la vraie vie qui va se retrouver projeté dans le milieu geek, sauf que ici, ça se limite aux réseaux sociaux. On à droit à une ou deux blagues un peu rigolotes mais ruinées par ces p*** de rires enregistrés qui semble encore et encore te dire « hey, t’as vu c’est drôle! Allez rigole, c’est le moment de la blague ». Je ne parlerai même pas des sous intrigues tellement elles sont éculées. Notre pauvre Joel McHale fait ce qu’il peut, mais on a l’impression qu’il ne croit pas en son rôle. A la fin du visionnage, tout ce que l’on retiens, c’est qu’on en a de la peine pour lui.

Man with a plan

Quand maman reprend le boulot et papa endosse ses travaux domestiques, c’est « Man with a plan » sur CBS.

Après 13 ans à avoir été mère au foyer, Andi décide de reprendre son ancien travail en tant qu’assistante médicale. C’est maintenant au tour de son époux Adam de s’occuper de la maison et surtout de leurs trois enfants. Mais la tâche va s’avérer plus ardue que prévue.

Maintenant que « Episode » a été annulée, on a droit au retour de Matt Leblanc sur un gros network. Et… c’est raté. Enfin, pas totalement. On a quelques idées, comme supprimer le wifi pour enfin se faire obéir par les enfants. C’est surtout que c’est d’un banal. Les comédies familiales peinent à se renouveler, du coup, on continue à nous sortir toujours la même chose, juste le pitch de départ qui diffère légèrement. On a l’impression de ses retrouver une nouvelle fois dans une série des années 90, jusque dans les détails du décors. Soit les scénaristes arrivent au bout de ce qui est faisable en série mettant en scène la vie de famille, soit c’est de la fainéantise, en mode, tant que ça marche, on continue.

The young pope

Un révolutionnaire au Vatican, c’est « The young pope » sur Sky Atlantic.

« Bonjour, Rome!
Qu’avons-nous oublié? Nous vous avons oublié!
Je vais être très clair. Je suis ici pour une raison très simple :
Pour n’oublier personne. Dieu ne laisse personne derrière lui. C’est ce qu’il m’a dit quand j’ai décidé de le servir. Et c’est ce que je vous dis maintenant. Je sers Dieu. Je vous sers. […]
Pour être en harmonie avec Dieu, nous devons être en harmonie avec la vie. Nous n’avons pas le choix. Nous devons être en harmonie avec Dieu.
Et quoi d’autre avons-nous oublié ?
Nous avons oublié de nous masturber, d’utiliser des contraceptifs,
de pratiquer l’avortement, de célébrer le mariage gay, d’autoriser les prêtres à s’aimer, et même à se marier. Nous avons oublié que vous pouvez décider de mourir, si vous détestez vivre. Nous avons oublié d’avoir des relations sexuelles pour des raisons autres que la procréation sans se sentir coupable. De divorcer. Laisser les nonnes dirent la messe. De faire des bébés par tous les
moyens que la science a découvert et continue de découvrir. En somme, mes chers enfants, non seulement avons nous oublié de jouer, mais nous avons oublié d’être heureux. Et il n’existe qu’un chemin qui conduit au bonheur Et ce chemin est nommé liberté. »

Que dire de plus que la première ordalie (rêvée) de Lenny Belardo, devenu Pie XIII, le premier pape américain de l’histoire. C’est bon, c’est drôle, c’est frais, engagé avec beaucoup de politique interne au Vatican et de manipulations, ça bouscule beaucoup de choses, la satire est forte et Jude Law y est excellent. Si l’extrait que je viens de vous citer ne vous convainc pas, courrez vous faire votre propre idée.

Dirk Gently’s holistic detective agency

Les enquêtes de l’absurde avec Elijah Wood, c’est « Dirk Gently’s holistic detective agency » sur BBC America.

Todd a vraiment eu une sale journée. Son proprio excédé à défoncé sa voiture à cause d’un retard de loyer. Dans l’hôtel où il travaillait comme groom, il a découvert une scène de crime dans l’une des chambres, peu après avoir croisé son moi du futur au 18ème étage, et peu avant s’être fait virer. Et pour couronner le tout, un certain Dirk Gently, détective holistique qui ne croit pas aux preuves matérielles mais à l’inter-connectivité de chaque choses, commence à le suivre partout.

Derrière ce titre à rallonge se cache un roman de Douglas Adams, et ça se sent. Ça part un peu dans tous les sens et dans un délire total avec des arcs narratifs secondaires sur une tueuse holistique, un chien que l’on croise à tous les coins de rues, des agents secrets de partout et surtout Dirk que l’on a un peu de mal à suivre. Ça demande une réelle implication du spectateur dans cette enquête farfelue mais une fois qu’on est dedans, on en redemande.

Dream Corp LLC

Vos rêves s’animent dans « Dream Corp LLC » sur Adult Swing.

Dans sa sale de consultation crade, le Dr Roberts et son équipe (ainsi que son robot rigolo) vont vous aider à résoudre vos problèmes en entrant dans vos rêves.

J… Je… WTF!!! Bon, c’est drôle, imaginatif, surréaliste, superbement animé, c’est frais, original, mais c’est quoi ce truc?!? Nous avons deux mondes bien distincts. Celui de la réalité avec le cabinet du docteur Roberts qui ne semble employer que des personnes bizarres, douteuses et où rien n’est fait pour vous mettre à l’aise. La crasse y règne en maître, la lumière vacille et le décors est digne de celui d’un film d’horreur. Et puis, il y a le monde des rêves, en dessin animés, à commencer par celui du patient 88 dans ce premier épisode. Et là, tout est permis. On ne suit aucune logique visuelle ou scénaristique, même si le patient est guidé par la voix puis par la présence du docteur. Si vous aimez les univers chaotiques, débiles, imagés et surréalistes, foncez.

Class

Méfiez vous de votre ombre dans « Class » sur la BBC3.

April, élève de la Coal Hill Academy, est bien ennuyée… Elle n’a pas de cavalier pour le bal de promo. Et puis … le garçon dont elle est amoureuse ainsi qu’une de ses profs sont des aliens et ses amis se font attaquer par leurs ombres.

Après Torchwood et Sarah Jane adventures, troisième spin of pour la série Doctor Who (quatrième en comptant K9, mais celui là, on va préférer l’oublier). Pour le moment, on se concentre sur la présentation des personnages principaux, April, la fille un peu timide qui va se révéler face au danger, Tanya, sa meilleur amie à la mère surprotectrice, Ram, le rebelle sportif du lycée et Charlie et Miss Quill, les aliens venus trouver refuge sur terre. On a droit à une apparition de Peter Capaldi dans le rôle du Docteur qui viens pour sauver le bal des Shadowkin, les futurs méchants récurrents de la première saison. Je n’ai pas été convaincu par le premier épisode. Les personnages sont survolés et caricaturaux, le Docteur est bien trop présent et sert à expliquer les faiblesses scénaristiques, les effets spéciaux sont mauvais (mais bon, avec Doctor Who, on est habitués), les méchants un poil trop random par rapport à la richesse et l’inventivité du whonivers et on n’arrive pas trop bien à cibler le publique à qui la série est destinée, c’est à la fois très ado gentillet mais avec des scènes inhabituellement gores par rapport aux autres séries de la licence. Mais bon, une fois ces bases posées, on a droit à un second épisode plus intéressant qui commence à fouiller et mieux exploiter ses personnages, qui va surtout donner plus de corps à Ram. Bref, une série qui progresse dans le bon sens.