Archives mensuelles : avril 2017

Little boy blue

Reconstitution d’un terrible fait divers dans « Little Boy Blue », sur Itv.

La mère du jeune Rhys Jones, onze ans, amène son fils à un entraînement de football, à Liverpool. Quelques temps après être rentrée chez elle, on vient lui apprendre une horrible nouvelle : on a tiré sur son fils.

Nous sommes ici dans une reconstitution très fidèle de l’affaire autour du meurtre du jeune Rhys Jones qui endeuilla la ville de Liverpool à l’été 2007. Et du coup, l’accent n’est pas mis sur l’enquête ou un mystère à résoudre, car on connaît déjà la conclusion de l’affaire… A la place, on se concentre sur l’émotion. Et rien ne nous est épargné. On suit au plus près cette famille anéantie par la perte de leur petit garçon, ces policiers déterminés qui se heurtent à des jeunes délinquants peu enclins à coopérer pour livrer le meurtrier. Tout est filmé au plus près des personnages, et est ma foi efficace, dans le genre très difficile de la fiction inspirée de faits réels. Et c’est sans aucun doute un très bel hommage rendu à la famille du vrai Rhys Jones, qui ont participé activement à l’élaboration de ce drama. Maintenant, à vous de voir si vous pouvez supporter encore une autre histoire tournant autour de la mort d’un enfant, thème un peu trop présent dans les séries ces temps-ci… Moi j’arrive au bout de ma boîte de mouchoirs.

The handmaid’s tale

Vous aviez besoin d’une bonne dystopie orwellienne pour vous rappeler à quel point un système peut écraser les individus ? Alors voici « The Handmaid’s tale », sur Hulu.

Avant, Ofred avait un mari, une petite fille, et même un autre nom. Mais aujourd’hui, cette vie rêvée est loin derrière elle : la société totalitaire qui régit son pays lui a attribué le rôle de « Handmaid » pour le compte d’un couple dont le mari fait partie des hautes instances du gouvernement. Sa tâche : être fécondée par son « patron » pour fournir un enfant à cette famille, alors que le taux de fertilité n’à jamais été aussi bas.

Cette série est l’adaptation du roman « la servante écarlate » de Margaret Atwood, publié en 1985. La date est importante, car on retrouve dans cette histoire beaucoup des thèmes du roman « 1984 », de George Orwell : une société totalitaire, extrêmement militarisée, dans laquelle les libertés individuelles sont proscrites. La grande réussite de cette réalisation est de ne pas nous montrer les dirigeants de cette société : c’est un système sans visage, mais omniprésent à travers ses gardes armés, son obsession pour la religion régissant les moindres actes de la vie, ses uniformes imposés à chaque caste, et ses règles implacables. La violence est partout, prête à frapper au moindre écart de conduite, et enveloppe ces femmes d’une ambiance cruelle et oppressante. Le sujet est traité sans complaisance, et porté avec talent par des actrices qu’on a pu voir dans « Mad Men » ou « Orange is the new black », entre autres. En bref, cette série s’annonce sous les meilleurs hospices, et semble nécessaire tant les thèmes très durs qu’elle aborde sont encore terriblement d’actualité. À voir.

Dear white people

Il est des déguisements inacceptables dans « Dear white people » sur Netflix.

Sur le campus de Winchester il est une tradition, le pastiche. Lors de soirées, les étudiants blancs se griment en minorité et jouent avec les caricatures de ces ethnies. La tendance actuelle, le blackface. Cela n’est pas sans révolter la communauté afro-américaine du campus qui décide, via Sam, l’animatrice de l’émission de radio « Dear white people », de se révolter contre cette coutume étudiante.

La bande-annonce de cette nouvelle série, adaptation du film éponyme sorti en 2014, avait fait couler pas mal d’encre, accusée de racisme anti-blancs. Le résultat est bien évidement loin de ces accusations. On plonge rapidement dans les déboires de cette communauté noire étudiante, leurs réactions et leurs questionnements face à ce racisme ordinaire. On est tiraillés entre l’insouciance liée à leurs jeunesse et la stigmatisation liée à leurs couleur de peau. Une immersion intéressante, voir nécessaire.

Great news

Realtion mère/fille dans « Great news » sur NBC.

Katie est une des nouvelle productrice du journal télévisé. Non seulement, elle va devoir s’imposer dans sa nouvelle équipe pour faire passer ses sujets, mais elle va devoir également composer avec sa mère qui viens de se faire embauchée comme assistante du présentateur vedette.

Mouais… Comme on peut s’y attendre, ce duo mère/fille va donner lieu à pas mal de scènes gênantes pour Katie du fait que a mère surprotectrice va continuer à traiter sa fille comme une gamine. Et au final, c’est ce qui ressort de la série. On est gêné pour les personnages, on ne sait pas si on doit en rire ou être atterrés. Après, ça se laisser regarder, mais vous pouvez passer à côté sans soucis.

Genius

Entre physique et montée du nazisme, « Genius » sur National Geographic.

Si tout le monde connait Albert Eisntein pour ses travaux, peu connaissent sa vie. Le biopic nous propose de la retracer, avec ses débuts en tant qu’étudiant et parallèlement, sa vie en tant que chercheur et universitaire désireux de quitter l’Allemagne et le nazisme pour les États Unis.
Le fait de débuter la série par des scènes de vie de Einstein vieux et de ne pas suivre une trame chronologique permet d‘introduire plus efficacement l’étudiant curieux qu’il était. Les aller-retours temporels entre ces deux époques de sa vie sont plutôt bien gérées et se répondent efficacement. On ne s’arrête pas à sa vie universitaire en se plongeant dans sa vie privée, son aisance avec les matières scientifiques et les maths en opposition avec ses difficultés dans les rapports humains, les conflits idéologiques avec son père, sa difficulté avec les femmes et ses craintes faces à la montée du nazisme. Bref, un portrait vraiment intéressant, dans lequel l’humain ne s’efface pas face aux sciences, qui sait captiver le spectateur.

Guerilla

Activisme politique sur fond de black power dans “Guerrilla” sur showtime.

Jas et Marcus s’aiment, et sont unis dans leurs actions pacifiques pour la cause des immigrés noirs et hindous dans le Londres du début des années 1970. Mais lorsque l’une de leurs manifestations tourne mal, causant la mort d’un de leurs leaders, ils finissent par se radicaliser.

Ce premier épisode est prenant : une fois passé quelques scènes du quotidien de nos deux héros, on rentre très vite dans l’atmosphère de violence et de racisme latent qui sous-tend toute l’intrigue. On a l’impression que tout pousse le couple à oublier ses idées pacifistes et à répondre à la violence par la violence. Ça ne fonctionnerait pas s’ils devenaient d’un coup des terroristes assoiffés d’ultra violence, mais heureusement, on sent à travers leurs hésitations et leurs temps d’arrêt devant tout ce chaos qu’ils subissent ces changements plus qu’ils ne les souhaitent. Du coup, cela les rend très humains et attachants, et nous permet de découvrir un aspect mal connu a l’international de l’histoire de l’Angleterre. Une série à suivre, donc, même si on recommandera de souffler un peu entre chacun des 6 épisodes, tant les thèmes abordés sont durs.

Seven types of ambiguity

Des secrets qui remontent à la surface dans « Seven types of ambiguity » sur ABC Australia.

Sam, sept ans, est porté disparu à la sortie de l’école. Fort heureusement, son kidnapper est très vite retrouvé. Il s’agissait de l’un des ex de sa mère aidé par une mystérieuse femme. Si la famille est désormais en lieu sûr, cet événement va faire remonter des faits que Joe, le père de Sam, aurait préféré garder caché.

Le visionnage du premier épisode laisse … dubitatif. On ne voit pas l’intérêt. L’affaire est bouclée en 1/4 d’heure et reste donc les 3/4 restants de l’épisode à suivre le père dans son quotidien. La mystérieuse femme (on peut le dire) s’avère être une prostituée dont Joe était un client régulier, chose que la police ne tardera pas à découvrir. Aucune explication ne nous est donné sur les raisons de l’enlèvement et on ressort de là en ayant l’impression d’avoir perdu son temps. Puis viens, en fin d’épisode, la bande annonce de l’épisode suivant. Et là, on comprend mieux l’intérêt. En fait, chaque partie de la mini-série va suivre un protagoniste différent et les histoires successives vont nous aider à combler les trous jusqu’à enfin avoir une vision d’ensemble. Un exercice de style intéressant, mais destiné à des personnes prêtes à vraiment s’investir dans ce récit.

Born to kill

Émergence d’un serial killer dans « Born to kill » sur Channel 4.

Sam est un jeune homme bien sous tout rapports, gentil, polis serviable, désireux de devenir médecin il passe ses soirées après les cours à faire la lecture aux personnes âgées à l’hôpital voisin où travaille sa mère. Bien que faisant parti de l’équipe de natation, il a peu d’amis. Sam a été marqué par la mort de son père qu’il n’a jamais connu. Il passe son temps à s’inventer des histoires sur la disparition en héros de ce dernier. Seulement, sa mère lui a caché que, en réalité, son père est en prison.

Quand une série arrive à être plus efficace en un épisode que Bates Motel en cinq saisons, on se dit que c’est bien parti. Jack Rowan qui interprète Sam est excellant, à la fois attachant et malaisant. Le tableau est planté très efficacement et on rentre très vite dans la psyché de l’adolescent. Les raisons qui le poussent à passer le pas sont multiples et complexes (peu de vie sociale, un père absent, un passé fantasmée, la confrontation à la mort…) mais tout cela nous est montré de façon limpide. Gros travail sur le cadrage ou l’utilisation des couleurs.

La mini-série en 4 épisodes a été projeté en avant première cette semaine au festival série-mania où elle a déjà rencontrée un franc succès.

Girlboss

Success story sur Ebay dans « Girlboss » sur Netflix.

Sophia est une jeune femme pétillante, mais qui a peur de devenir adulte et est incapable de garder un job. Comme elle aime chiner et a un bon sens de la mode, elle décide d’ouvrir une boutique en ligne sur ebay.

La série est l’adaptation de l’autobiographie de Sophia Amoruso, fondatrice du site Nasty Gal. Britt Robertson nous offre ici une très bonne performance, elle est drôle, énergique, peut être même un peu trop, et on a plaisir dans les premiers épisodes à la voir trouver sa voie. Seulement, la série repose trop sur sa performance et, à trop se focaliser sur elle, en oublie de complexifier son scénario en nous offrant un seul arc narratif. Les personnages secondaires font tous figure de figurants oubliables gravitant autour de notre héroïne. Toutefois, ça reste un divertissement plaisant et un bon moyen de se vider l’esprit.

After Camelot

La malédiction Kennedy dans « After Camelot » sur REELZ.

Il y a 6 ans sortait « The Kennedys », mini série sur la vie de JFK, de son élection à la mort de son frère Bobby. Nous avons donc aujourd’hui droit à sa suite, centrée sur Ted qui reprend en main le clan. On a droit à un casting solide avec Katie Holmes qui reprend le rôle de Jackie Kennedy, et Matthew Perry qui prête ses traits au sénateur du Massachusetts. Soif de pouvoir, scandales, succession de drames familiaux et mystères irrésolus, l’histoire à tout pour plaire dans ce drama historique aux allures de fiction. Seul gros reproche à mon goût, la réalisation qui rappel plus un téléfilm de l’après-midi qu’un bon docu-fiction.