Archives mensuelles : octobre 2017

Loudermilk

Aider les gens qui ne vous aiment pas, c’est Loudermilk, sur Audience Network.

Sam Loudermilk, un alcoolique repenti, anime des réunions pour aider les addicts en tous genres. Le problème, c’est qu’il ne fait rien pour s’attirer la sympathie des gens, ce qui lui met des bâtons dans les roues…

Voilà une série qui est un peu difficile à cerner : on croit d’abord avoir affaire à une comédie, mais on s’aperçoit bien vite que l’humour est grinçant, et laisse souvent sa place à des émotions plus complexes. Car Sam Loudermilk, comme ceux qu’il cherche à aider parfois contre leur gré, ont de vraies blessures, de vrais regrets, et un passé souvent lourd. Et curieusement, ce mélange est plutôt bien équilibré, grâce aux acteurs qui savent ne pas trop en faire, ni dans le rire ni dans le pathos. À voir.

Hit the road

Sur la route en famille dans « Hit the road », sur Audience Network

Les Swallow sont une famille de musiciens. Ils n’ont pas beaucoup de succès et ne sont sans doute pas très doués, mais le père, Ken, est prêt à tout pour connaître enfin la gloire, même s’il faut pour cela mentir et utiliser ses enfants pour obtenir des faveurs des producteurs.

Jason Alexander, qu’on avait pu apprécier dans Seinfield, revient aujourd’hui dans cette nouvelle comédie, où il cumule les rôles de co-créateur et d’acteur principal. La plupart des acteurs sont bons, et les gags font souvent mouche. Le problème, c’est que, d’après le pitch et l’âge des jeunes acteurs, on semble viser une cible familiale. Et là, on est clairement dans un humour adulte, pas très fin voire carrément gras… On enchaîne les gags à base de graffitis salaces, de sexe, de drogue, de pipi-caca et autres joyeusetés, comme le père de famille contraint à faire des branlettes dans les toilettes des hommes à plusieurs reprises. Bref, ce n’est clairement pas pour tout public, et à la longue, c’est assez lourd. Dommage.

SMILF

Single mom i’d like to fuck ou « SMILF » sur Showtime.

28A Boston, une mère célibataire âgée d’une vingtaine d’années voit ses rêves se confronter à la réalité, notamment comment élever son fils tout en ayant un semblant de vie sociale et sexuelle.

SMILF ne cherche pas à être une comédie à tout prix, juste une série qui raconte avec légèreté et un peu d’humour la dure réalité de la vie Bridgette, notre mère célibataire. On sent pas mal d’influences d’autres séries comme la britannique « Shameless », mais elle sait les faire oublier avec un ton légèrement moins trash et plus porté sur le cul. Un joli casting qui entoure Frankie Shaw qui interprète notre héroïne avec notamment Rosie O’Donnell (The View) ou encore Connie Britton (Nashville). On a droit à un premier épisode drôle et tendre, plutôt réaliste, avec des personnages attachants, qui manque peut être d’un arc secondaire, mais qui donne envie d’y revenir.

Bounty hunters

Trafic d’art dans « Bounty Hunters » sur Sky1.

Barnaby reprend la boutique d’antiquaire de son père après que ce dernier soit tombé malade. Après avoir acheté une relique venue d’une zone de guerre, il va engager Nina, une chasseuse de prime américaine cherchant à fuir la mafia, afin de retrouver l’homme lui ayant vendu la statue et s’en débarrasser.

On a droit ici à une comédie sympathique alliant efficacement action et humour. Pas mal de comique de situation lié à notre Barnaby embourbé dans des événements qu’il ne contrôle pas. Si on a droit à une situation de départ plutôt classique avec un jeune homme naïf se retrouvant pris dans une situation improbable, le développement est plutôt intéressant. On a droit à un second arc narratif avec la mafia américaine pourchassant Nina après qu’elle ai tué le fils d’un des parrains de la pègre, traité de manière plus sérieuse que notre arc principal de trafic d’antiquité. Bref, de bons acteurs, une bonne histoire, un bon équilibre entre action et humour. A voir.

Gunpowder

Un épisode sanglant de l’histoire de l’Angleterre dans « Gunpowder », sur BBC1.

Au début du 17éme siècle, les catholiques sont persécutés. Robert Catesby, un jeune noble, cache des prêtres chez lui. La police royale parvient à débusquer l’un d’eux et emprisonne la mère de Robert. Ils seront tous deux exécutés, conduisant Catesby à préparer sa vengeance.

Kit Harington, célèbre depuis sa prestation dans Game of Thrones, se trouve être également un descendant direct de Robert Catesby, l’instigateur de la conspiration des poudres. Il joue donc le rôle de son ancêtre et co-produit cette mini-série en trois épisodes. La reconstitution historique semble très fidèle, que ce soit dans les costumes ou les décors, et le casting est prestigieux : on y retrouve entre autres Mark Gatiss et Liv Tyler. Là où le bât blesse, c’est qu’en dehors d’une scène de torture très graphique et violente, l’intrigue est très lente et assez confuse : on change trop souvent de lieux et de protagonistes, pour un résultat difficile à suivre. Dommage.

Superstition

Chasser les démons en famille, c’est « superstition » sur SyFy.

La famille Hastings possède le seul funérarium de la petite ville de La Rochelle, en Géorgie. Ils sont aussi les gardiens de l’histoire sombre et des secrets occultes de l’endroit. Quand Calvin, le fils aîné, revient après 16 ans de carrière militaire, il s’aperçoit vite que bien des choses ont changé en son absence…

C’est Halloween, et SyFy doit proposer des programmes pour aller avec la thématique. Et on sent qu’on a pas cherché à nous proposer plus que ça : les personnages, le scénario et ses rebondissements sont très classiques et attendus pour ce type d’ambiance. Là où le bat blesse, c’est au niveau de la réalisation : il y a un abus manifeste des champ-contre champ, et la caméra bouge tellement dans tous les sens que ça rend l’action brouillonne et difficilement lisible. On venait pour un petit frisson et on se retrouve avec un grand huit mal fichu. Bref, on a pas vraiment envie de voir la suite si elle est du même acabit.

Time Wasters

Negro spiritual dans « Time wasters » sur ITV2.

2017, le jazz est mort. Mais remonter le temps jusqu’en 1926, en plein boom du jazz était-il une bonne idée?

Encore une série sur le voyage dans le temps… Mais une drôle, et efficace. Notre quatuor de jazzman des années 2010 se retrouve confronté au racisme ordinaire des années 20, dans lequel on pense que les noirs sont tous cannibales, où le mot négro n’est pas encore péjoratif et où la simple vision d’un homme de couleur suffit à effrayer les braves gens. Et ce décalage entre des personnes de notre époque et d’autre de l’entre deux guerre amène à des situations et des réparties franchement drôles. Leurs machine à voyager dans le temps (un ascenseur) ne fonctionnant plus, nos amis se retrouvent coincés à cette époque et devront faire attention à ne pas interférer avec le cours du temps, même si leurs route leurs permettra de croiser quelques figures historique. Bref, c’est drôle, bien rythmé, avec une réflexion sur le racisme à travers le décalage entre les époques. A voir.

White famous

Du stand-up au cinéma dans « White famous » sur showtime.

Floyd est un jeune comédien afro-américain, stand-uppers dont la carrière commence à s’envoler qui, suite à une altercation avec un producteur qui l’avais pris pour un voiturier, se voit offrir un rôle au cinéma. Problème, pour ce rôle, il doit porter une robe et il refuse catégoriquement de se ridiculiser et se décrédibiliser pour sa première apparition sur grand écran.

Depuis « Master of none », les séries sur le stand-up pullulent. Et ici, ben, on a droit à une énième série de stand-uppers… Ni bon, ni mauvais, dans la moyenne. On a droit à notre lutte contre la condition et l’image des acteurs afro-américains qui fini en amas de clichés racistes (et sexistes). L’humour est présent et efficace, mais par moment, il est très lourd. Le format choisis est trop long, ça aurait été plus efficace ramené à 20 minutes ce qui fait qu’au bout d’un moment on se lasse. Mais c’est pas inintéressant non plus. Juste déjà vu.

Mindhunter

Psychologie appliquée dans « Mindhunter » sur Netflix.

Holden Ford est négociateur pour le FBI. Après une prise d’otage qui s’est mal terminée, il décide de reprendre des études en psychologie et se rapproche de l’agent Bill Tench avec qui il va déterminer les les bases du « profiling » en cherchant à comprendre le comportement des serial killers.

On a déjà vu pas mal de séries sur ou avec des profilers. Dans sa nouvelle série, David Fincher nous propose de revenir sur la création de ce corps de métier dans les années 70. Dans cette adaptation de l’essai « Mindhunter: dans la tête d’un profileur » de John E. Douglas on va suivre nos deux agents à la rencontre de serials killers avec lesquels ils vont aller s’entretenir afin de tordre le cou à cette idée reçue voulant que ces personnes soient nées comme ça, avec des pulsions criminelles. La réalisation est très rigide, formelle, mais Fincher comme à son habitude fait preuve d’une sens aiguë du détail. Notre duo d’agents, avec le jeune idéaliste qui veux donner un coup de pied dans la fourmilière et le vieux baroudeur, bien que classique, fonctionne plutôt bien. Le pilote pourrait en décourager certains, mais il faut persévérer car ce road trip psychologique qui nous propose des enquêtes plutôt réalistes tintée par moment d’un humour salvateur s’avère prometteur.