Quartier des banques

Mystère et secret bancaire dans « Quartier des banques » sur la RTS.

Janvier 2012, Genève. Le directeur de la banque privée Grangier & Cie est retrouvé dans le coma. Persuadée qu’il s’agit d’une tentative de meurtre, sa sœur Élisabeth revient dans la famille à qui elle avait tourné le dos afin d’élucider le mystère.

Les séries Suisses, du moins suisse francophone, sont rares. Ici, on nous propose de plonger dans un scandale politico-financier international lié à un sombre secret de famille. On a droit à une accroche un peu verbeuse mais qui va piquer notre intérêt avec une présentation du système bancaire suisse et son conflit avec les États Unis qui les considère comme un paradis fiscal. Puis ça commence à retomber avec la présentation de la famille Grangier et ça s’effondre après le comas du pdg. On tombe de plus en plus dans le pathos, se détournant de plus en plus de notre intrigue et au final on décroche. Ça manque d’un élément pour garder le spectateur devant le poste et lui donner envie de revenir. Dommage.

There’s Jonnhy

Le monde magique des talk-shows, c’est dans « There’s Johnny », sur Hulu.

En 1972, Andy, un jeune homme du Nebraska, est fan du « Tonight show » de Johnny Carson. Il écrit à son idole pour lui demander une photo dédicacée, et sur un coup de tête, s’il n’y aurait pas des opportunités d’emploi dans le monde de la télé. Contre toute attente, il reçoit une réponse positive, et part en bus tenter sa chance à Hollywood.

Cette nouvelle série en sept épisode nous propose un regard tendre sur le monde de la télévision des années 70 : à travers les yeux d’Andy, 19 ans, on découvre les coulisses, les équipes techniques, les scripts écrivant les gags… Le show mélange habilement scènes avec des acteurs actuels et images d’archives pour faire intervenir des personnages historiques de l’époque, comme le fameux Johnny Carson dont la catchphrase donne son titre à la série. On se concentre plus sur cet envers du décor que sur les personnages, mais on a une vision sympathique de ce milieu méconnu, assorti de la nostalgie d’une époque où tout changeait à toute vitesse. À voir

Transfers

Changement d’identité dans « Tranferts » sur Arte.

Florian, un ébéniste sans histoires, se noie alors qu’il faisait du bateau avec sa femme et ses deux enfants. Cinq ans plus tard, il se réveille dans le corps de Sylvain, un policier membre d’une unité d’élite chargée de traquer les « Transférés » : ceux qui ont subis une opération illégale visant à greffer l’esprit d’un patient dans le corps d’un autre.

Après « Trepalium » l’année dernière, Arte nous propose une nouvelle série d’anticipation sur un format similaire, six épisodes d’une heure. Le sujet abordé ici est complexe, et soulève des questions aussi bien morales et éthiques que religieuses. Tous ces aspects sont traités avec brio, et le ton employé est tout sauf manichéen. Le fait que le héros ait passé cinq ans dans le coma nous permet de découvrir avec lui un futur pas si lointain aux différences subtiles par rapport à notre présent, ce qui ajoute encore à son déracinement et à sa détresse. Les acteurs sont bons et la réalisation impeccable, bref, encore une réussite pour Arte. À voir.

The Punisher

Le cycle de la violence, dans « The Punisher », sur Netflix.

Franck Castle, un ancien marine, est traumatisé par la mort de sa famille qu’il n’a pu empêcher. Il se venge en tuant un a un tous les responsables sous les traits du Punisher. Six mois plus tard, il a une nouvelle identité et travaille sur un chantier de construction. Mais la violence ne tardera pas à le rattraper.

Sixième série Marvel pour Netflix, « The Punisher » ne fait pas dans la dentelle : quand la violence éclate, elle est brutale et expéditive. En dehors de ces moments d’action, on suit les tourments intérieurs de notre héros. Jon Bernthal, qu’on avait pu voir notamment dans The Walking Dead, livre une excellente performance, et parvient à camper sans difficulté ce personnage ambigu, à la fois dégoûté de lui-même et prisonnier de son passé. Autour de ça, on nous évoque le drame des soldats perdus et déracinés une fois rendus à la vie civile : comment mener une vie normale en vivant avec les choses horribles qu’on a pu faire en temps de guerre ? Après, le rythme est lent, et certains passages sont peut-être étirés plus que nécessaires. Mais ça reste quand même efficace, loin des ratés d' »Iron Fist ». À voir.

Future Man

« Gamer » rencontre « Terminator » dans « Future Man » sur Hulu.

John Futterman est homme de ménage dans une société de recherche médicale. Mais c’est aussi un gamer qui joue à un jeu ultra-difficile que personne n’arrive à terminer. Le jour où il y parvient finalement, deux visiteurs du futur apparaissent devant lui pour lui annoncer qu’il est en fait le sauveur de l’humanité.

Hulu nous propose ici une série qui pense certainement caresser le geek et le fan de jeux vidéos dans le sens du poil. Mais on nous balance directement une succession de clichés d’un autre âge pour bien abîmer l’a-priori positif qu’on aurait pu avoir : le héros est une caricature qui joue pour échapper à son quotidien, vit encore chez ses parents, se masturbe sur l’héroïne de son jeu préféré, et crache allègrement sur les icônes du jeu vidéo. Au fil de l’épisode, on a l’impression que quelqu’un avait une check-list de références à placer, et les cochait une à une : plein de classiques vidéo-ludiques, bien sûr, mais aussi Retour vers le futur, Terminator, et j’en passe. Le tout au premier degré, sans subtilité et sans une once de bon goût, avec des blagues de cul et des grossièretés pour bien enfoncer le clou. Bref, on pensait flatter les gamers mais au final on leur crache au visage. Beurk.

Howards end

Lutte des classes à l’anglaise, dans « Howards end » sur BBC1.

Au début du 20éme sciècle, en Angleterre. Les Wilcox sont de riches capitalistes qui ont fait fortune aux colonies. Les sœurs Schlegel font partie de la bourgeoisie intellectuelle. Les Bast sont un couple vivant dans la pauvreté. Les vies de ces trois familles vont s’entrecroiser autour de la maison de vacance des Wilcox : Howards end.

Adaptation du roman éponyme de E.M Forster, publié en 1910, cette mini série en quatre épisodes nous plonge dans l’Angleterre des années 1900 : l’ambiance, les costumes, les décors, tout est reconstitué avec précision et nous transporte de manière très efficace. Les personnages et leurs réactions sont aussi très conformes à l’époque ; on cherche à organiser des fiançailles après un simple baiser furtif, on s’écrit de longues lettres lues en voix-off, et on prend son temps pour faire les choses dans les formes. Du coup, le rythme est assez lent, et on obtient une adaptation peut-être un peu trop fidèle, qui semble sortie d’un autre temps. De plus, ce premier épisode d’une heure ne fait que nous présenter les personnages, et pas encore ce qui va les diviser ou les rapprocher. À voir si vous aimez les reconstitutions historiques et si vous êtes patient.

No activity

De l’attente dans « no activity » sur CBS.

13Deux flics en planque dans une voiture, deux réceptionnistes au poste de police, deux truands cachés dans un container, un vigile dans son bureau sur les quais. Tous attendent qu’ils se passe quelque chose et discutent pour passer le temps.

On doit cette série à l’équipe de « Funny or die » et ça se sent. De par le casting d’une part dans lequel on retrouve pas mal de têtes connues comme Will Ferrel, Adam McKay, Tim Meadows ou Jason Mantzoukas. Par l’humour d’autre part, on a droit à une succession de scénettes, sortes de mini sketchs, mettant en scènes les personnages par groupe de deux, faisant interagir les groupes parfois, et ça parle de tout et n’importe quoi. L’humour est assez inégal, mais ça reste très drôle. On est surpris qu’ils arrivent à tenir 25 minutes avec ce concept plutôt limité, du coup, on est curieux de voir si ils tiendrons sur une saison entière. Par la suite, deux autres personnages devraient arriver, deux tunneliers mexicains qui ne se connaissent pas et se retrouvent confinés ensemble et pas mal de monde devrait défiler dans la voiture de nos deux flics en planque. Bref, une série drôle, au concept sympa bien que pas très innovent mais qui risque, je le crains, de s’essouffler sur la longueur.

Love you more

L’amour XXL dans « Love you more » sur Amazon.

Karen Best est une femme au grand cœur travaillant dans une résidence pour personnes atteintes du syndrome de Dawn. Malgré son obésité, elle sait plaire aux homme et a une sexualité plutôt remplie. Seulement, le regard des autres ou des petits tracas du quotidien comme devoir acheter un nouveau soutiens gorge lui rappellent douloureusement ses kilos en trop.

Troisième nouveauté pour les Amazon pilote season d’automne. On a l’impression que « Love you more » cherche à nous mettre mal à l’aise, mais pas forcément pour nous mettre à la place de Karen… Sexe avec un nain sur-membré (images à l’appuis), perte dans l’évier de la pilule du lendemain, sein qui s’échappe devant les résidents, attouchements inappropriés… on joue à fond la carte de la sexualité. Mais la série sait aussi se montrer touchante comme cette discussion avec le nouvel arrivant au centre ou le jugement de la vendeuse de sous-vêtements sur les formes de Karen. On se sent vraiment mal pour elle … et… sans crier gare … ça part en comédie musicale! Bref, ça part dans un peu trop de directions à la fois et, bien que sachant jongler entre humour et drama, l’ensemble peut sembler un peu décousu au final.